En France, 750 000 personnes de plus de 60 ans ne rencontrent quasiment plus personne, selon le baromètre 2025 des Petits Frères des Pauvres. Elles étaient 300 000 en 2017. Deux millions d’aînés n’ont plus de contact régulier avec leur famille ni avec leurs amis, et 2,5 millions se sentent seuls tous les jours ou presque. Les plus de 80 ans, les personnes aux revenus modestes et les habitants des communes rurales sont les plus exposés. Pour ceux qui vivent encore chez eux, le passage d’une aide à domicile ou d’une auxiliaire de vie est l’une des réponses possibles à cet isolement.
Aide à domicile, auxiliaire de vie : deux métiers exercés au domicile
L’aide à domicile prend en charge l’entretien du logement, le linge, les courses et la préparation des repas. L’auxiliaire de vie intervient auprès de personnes dont l’autonomie est réduite : elle aide en plus au lever, à la toilette, à l’habillage et aux déplacements. Ces professionnelles sont employées directement par la personne âgée ou, plus souvent, par un service d’aide et d’accompagnement à domicile : centre communal d’action sociale, entreprise ou association, comme l’ASA (https://myasa.fr).
Dans les deux cas, l’intervention a lieu à heures fixes, une à plusieurs fois par semaine, parfois tous les jours. Pour une personne veuve dont les enfants habitent loin, ce passage est parfois la seule visite de la journée. La tâche prévue au planning, ménage ou aide au repas, s’accompagne alors d’un temps d’échange qui compte autant que le service rendu.
Une présence régulière qui rythme la semaine
L’isolement s’installe le plus souvent par étapes : décès du conjoint, arrêt de la conduite, douleurs qui limitent la marche, départ des voisins de longue date. Les journées perdent leurs repères et les occasions de parler se raréfient. La venue d’un(e) même intervenant(e), aux mêmes jours et aux mêmes heures, réintroduit des rendez-vous fixes dans la semaine. La personne se lève, s’habille et prépare parfois le café en prévision de la visite.
La conversation porte sur des sujets ordinaires : la météo, les nouvelles de la commune, les petits-enfants, les souvenirs de métier. Ces échanges sollicitent la mémoire et le langage, deux fonctions qui déclinent plus vite lorsque les contacts manquent. Le repas en est un autre exemple : une personne seule a tendance à cuisiner moins et à sauter des repas. Choisir le menu et préparer le déjeuner avec l’auxiliaire de vie limite le risque de dénutrition.
Un accompagnement pour sortir du logement
D’après le même baromètre, une personne âgée sur deux ne sort pas de chez elle tous les jours. La peur de tomber, l’absence de voiture ou de transports en commun expliquent souvent ce repli, en particulier dans les villages éloignés des commerces. L’accompagnement aux sorties fait partie des missions de l’aide à domicile : aller au marché, à la pharmacie, chez le coiffeur, à la bibliothèque ou au club des aînés de la commune.
Ces trajets ont une utilité pratique, mais ils remettent aussi la personne en contact avec des commerçants, d’anciens voisins, des connaissances. Faire ses courses soi-même, accompagnée, plutôt que de se les faire livrer, permet de garder la main sur ses choix et de conserver des habitudes de marche. Certain(e)s intervenante(s) accompagnent également aux rendez-vous médicaux ou à un atelier de prévention organisé par une caisse de retraite.
Un rôle de vigilance et de lien avec la famille
L’intervenante qui voit la même personne chaque semaine remarque les changements : perte d’appétit, courrier qui s’accumule, logement moins tenu, propos tristes, refus de sortir. Ces signes de repli peuvent traduire un début de dépression ou une perte d’autonomie. Elle les signale à son service, qui prévient la famille ou le médecin traitant. Un cahier de liaison laissé au domicile permet aux proches, aux infirmiers et aux aides à domicile de partager ces observations.
L’aide à domicile facilite aussi les contacts à distance. Elle peut aider à passer un appel vidéo avec les petits-enfants ou à lire un message reçu sur une tablette. Pour les proches aidants qui habitent à plusieurs centaines de kilomètres, savoir qu’une professionnelle passe régulièrement réduit l’inquiétude entre deux visites.
Des heures de lien social financées par l’APA
Depuis le 1er janvier 2024, les bénéficiaires de l’allocation personnalisée d’autonomie (APA) à domicile peuvent obtenir des heures de lien social : jusqu’à deux heures par semaine, dans la limite de neuf heures par mois, en plus des heures d’aide déjà prévues. Elles sont inscrites dans le plan d’aide établi par le département et ne peuvent être réalisées que par une aide à domicile ou une auxiliaire de vie. Promenade, jeu de société, lecture, sortie culturelle : le contenu est choisi avec la personne, selon ses envies et ses capacités.
Pour les personnes qui ne perçoivent pas l’APA, les caisses de retraite financent sous conditions des heures d’aide à domicile, et le crédit d’impôt pour l’emploi d’un salarié à domicile réduit le reste à charge.
Une solution à associer à d’autres formes de lien social
L’aide à domicile ne remplace ni la famille ni les amis. Les interventions sont limitées en durée et centrées sur des tâches précises. Elles gagnent à être complétées par d’autres dispositifs : visites de bénévoles associatifs, activités proposées par le centre communal d’action sociale, accueil de jour, repas pris en commun dans un foyer restaurant.
La question de la solitude peut être abordée dès l’évaluation des besoins à domicile, au même titre que le ménage ou la toilette. Préciser les sorties que la personne ne fait plus, les proches qu’elle ne voit plus et les activités qu’elle a abandonnées aide le service à organiser des interventions qui répondent aussi à ce besoin de contact.





