12 remèdes maison contre les varices : ce qu’ils apportent vraiment
Taper « 12 remèdes maison pour soigner les varices » dans un moteur de recherche, c’est espérer dégonfler une veine avec de la marche, du vinaigre ou une plante. Ces gestes soulagent les jambes lourdes et aident à limiter l’aggravation, mais aucun ne referme une varice installée. Voici ce que chacun apporte, études à l’appui.
À retenir
- Effet réel : les remèdes maison soulagent les symptômes, ils ne referment pas la veine.
- Les mieux étayés : marche, exercices du mollet et compression prescrite par le médecin.
- Plantes : marron d’Inde et vigne rouge réduisent modestement l’œdème dans les essais.
- Consulter vite : cordon chaud et rouge, œdème soudain, plaie ou saignement abondant.
Pourquoi un remède maison ne soigne pas une varice installée
Un remède maison agit sur ce que vous ressentez et sur ce qui aggrave la maladie. Il ne touche pas à la panne mécanique qui a produit la varice.
Selon Sonovein®, le reflux veineux désigne l’inversion du flux sanguin dans une veine par incompétence valvulaire, mesurée en écho-Doppler au delà de 0,5 seconde dans le réseau superficiel, mécanisme ciblé par toutes les techniques d’ablation veineuse dont le traitement par les HIFU. Autrement dit, les petits clapets qui empêchent le sang de redescendre vers le pied ne ferment plus. L’Assurance Maladie décrit un sang qui revient « à contre-courant » et stagne dans des veines qui se dilatent, jusqu’à la dilatation permanente qui définit la varice.
Le trouble est courant. Selon Ameli, l’insuffisance veineuse chronique touche entre 11 et 24 % de la population des pays industrialisés, soit d’une personne sur neuf à une sur quatre, avec trois femmes atteintes pour un homme. Hérédité, station debout prolongée, sédentarité, chaleur, surpoids et grossesses figurent parmi les facteurs favorisants.
Le bon repère : un remède maison qui « marche » vous fait sentir mieux le soir. Il ne rend pas la veine moins large et ne supprime pas le reflux. Le Manuel MSD le dit sans détour : « cette affection ne se guérit pas » et « de nouvelles varices se développent souvent ».
Seul un geste médical supprime le reflux, en fermant ou en retirant la veine malade : sclérothérapie, techniques thermiques par cathéter, chirurgie, ou ultrasons focalisés de haute intensité (HIFU) appliqués à travers la peau. Le principe de cette dernière approche, sans incision ni effraction, est présenté sur la fiche du dispositif, sonovein.com/fr.
Des jambes moins lourdes après trois semaines de soins ne signifient pas que la varice régresse. Le confort est réel, le calibre de la veine n’a pas changé.
Mouvement et posture : les remèdes maison les mieux étayés contre les varices

Les quatre premiers gestes reposent sur la même logique : faire travailler la pompe du mollet, qui chasse le sang vers le cœur à chaque contraction, ou réduire la pression qui s’exerce dans la jambe.
- La marche quotidienne. L’Assurance Maladie la recommande « chaque jour ». Vélo, natation, gymnastique et danse vont dans le même sens. À l’inverse, Ameli range le tennis, le squash, le basket-ball, l’équitation, le judo et le ski alpin parmi les sports à éviter.
- Les exercices du mollet et de la cheville. Ameli conseille, « allongé sur le dos », des mouvements de pédalage des jambes. L’effet d’un entraînement ciblé a été mesuré : dans un essai randomisé publié en 2004 dans le Journal of Vascular Surgery, 31 patients atteints d’insuffisance veineuse sévère ont suivi 6 mois de rééducation du mollet (18 patients) ou aucun programme (13 patients), tous sous compression de 30 à 40 mmHg. Dans le groupe exercice, la part de sang qui stagne dans la jambe après une série de contractions a baissé de 8,75 points, alors qu’elle augmentait de 3,4 points chez les témoins.
- La surélévation des jambes. Le Manuel MSD cite la surélévation des jambes en position couchée parmi les mesures non chirurgicales. Concrètement, un coussin placé sous les mollets pendant la lecture du soir suffit à mettre les pieds plus haut que le bassin.
- La compression. Elle n’a rien d’artisanal, mais elle reste le socle des mesures quotidiennes. Ameli indique une compression de classe 2 ou 3 pour les varices, portée « tous les jours, du matin au soir », et renouvelée tous les 4 à 6 mois en port quotidien, soit deux à trois paires par an. Elle se porte sur prescription médicale.
Fraîcheur, massage, vinaigre de cidre : soulager sans surestimer
Cinq remèdes jouent sur la sensation de chaleur et de lourdeur. Leur bénéfice est surtout ressenti, rarement mesuré.
La douche fraîche est le plus simple. Ameli le formule ainsi : « le soir, après une journée debout, une douche fraîche sur vos jambes peut vous soulager ». Le même raisonnement justifie d’éviter la chaleur prolongée, car « la chaleur dilate les veines » : sols chauffants, sauna, hammam, bains très chauds, épilation à la cire chaude et longues expositions au soleil. Une après-midi allongé sur le sable en plein mois d’août cumule presque tous ces pièges. Les compresses froides et les cataplasmes d’argile froide prolongent cette fraîcheur, avec un confort passager. Aucun essai clinique publié ne les a évalués spécifiquement dans les varices, à notre connaissance.
Le massage ascendant doux figure aussi parmi les conseils d’Ameli, qui décrit « un massage des deux jambes depuis les chevilles jusqu’aux genoux ». Il se pratique mains à plat, sans appuyer fort. Sur un cordon rouge, chaud ou douloureux, on ne masse pas : c’est un signe qui impose de consulter.
Le vinaigre de cidre est le remède le plus partagé en ligne, et le moins étayé. Une seule étude randomisée l’a testé, publiée en 2016 par une équipe turque dans la revue Evidence-Based Complementary and Alternative Medicine.
Le protocole de l’étude : 80 patients, 40 par groupe, ont poursuivi le traitement conseillé par leur médecin. Le groupe vinaigre enveloppait la zone variqueuse d’un linge imbibé, 30 minutes matin et soir pendant un mois, jambes surélevées à 45 degrés. La douleur est passée de 5,21 à 4,15 sur 10, contre 5,02 à 4,75 dans le groupe témoin.
Le gain ressemble à un point de douleur en moins sur une échelle de dix, contre un tiers de point chez les témoins. L’étude n’était pas menée en aveugle, portait sur un seul centre et associait le vinaigre à une surélévation des jambes, qui soulage à elle seule. Le résumé annonce par ailleurs 120 patients quand les tableaux en analysent 80. Le niveau de preuve reste donc très faible.
Poids, assiette et plantes veinotoniques : ce que disent les études
Les trois derniers remèdes agissent de l’intérieur. Deux relèvent de l’hygiène de vie générale, le troisième est le seul de la liste à disposer de revues Cochrane.
- La perte de poids. Ameli classe le surpoids parmi les facteurs prédisposants et rappelle qu’« une alimentation saine vous permettra d’éviter un excès de poids ». Aucun essai ne chiffre en revanche l’effet de quelques kilos perdus sur des varices déjà présentes.
- L’hydratation et les fibres. Ameli recommande une alimentation équilibrée et invite à modérer l’alcool, les épices, le café, le thé et le tabac. Boire suffisamment et manger des fibres relève du bon sens, sans étude dédiée aux varices.
- Le marron d’Inde. La revue Cochrane de 2012 a retenu 17 essais randomisés d’extraits standardisés en escine, pris de 2 à 16 semaines. Sur six essais et 502 patients, le volume de la jambe baissait de 32,1 ml de plus qu’avec un placebo, soit à peu près deux cuillères à soupe de liquide. Un essai le trouvait aussi efficace que des bas de compression, et les auteurs réclament des essais plus larges.
- La vigne rouge. Un essai allemand publié en 2000 a suivi 260 patients atteints d’insuffisance veineuse débutante pendant 12 semaines. Avec 360 ou 720 mg d’extrait par jour, le volume du bas de la jambe diminuait de 76 g et 100 g par rapport au placebo, selon la dose.
- Les veinotoniques dans leur ensemble. La revue Cochrane de 2020, qui couvre 56 études et 7 690 participants, conclut qu’ils réduisent probablement un peu l’œdème : 4,27 mm de tour de cheville en moins, moins d’un demi-centimètre. Ils n’améliorent guère la qualité de vie et augmentent légèrement les effets indésirables, surtout digestifs.
Ces résultats portent sur des extraits standardisés, pas sur une infusion maison. L’Assurance Maladie précise qu’« aucune étude n’a démontré leur efficacité pour prévenir l’aggravation d’une maladie veineuse », et ces produits ne sont pas remboursés.
Les 12 remèdes maison contre les varices en un tableau
Un essai randomisé ne suffit pas à faire une preuve solide : le vinaigre de cidre en a un, et il reste en bas de l’échelle.
| Remède | Ce qu’il apporte | Niveau de preuve |
| Marche quotidienne | Active la pompe du mollet, allège les jambes | Recommandation de l’Assurance Maladie |
| Exercices du mollet et de la cheville | Meilleure vidange veineuse du mollet | Un essai randomisé, 31 patients, 6 mois |
| Surélévation des jambes | Confort en fin de journée | Mesure citée par le Manuel MSD |
| Compression prescrite | Soulagement des symptômes au quotidien | Recommandation Ameli, classe 2 ou 3 |
| Douche fraîche | Jambes soulagées après une journée debout | Conseil Ameli, effet ressenti |
| Éviter la chaleur prolongée | Limite la dilatation des veines | Conseil Ameli |
| Massage ascendant doux | Sensation de jambes plus légères | Conseil Ameli, non mesuré |
| Compresses froides ou argile | Fraîcheur passagère | Aucun essai spécifique |
| Vinaigre de cidre | Douleur un peu réduite dans un essai | Très faible, un essai non mené en aveugle |
| Perte de poids | Réduit un facteur favorisant | Facteur reconnu, effet non chiffré |
| Hydratation et fibres | Hygiène de vie générale | Aucun essai spécifique |
| Marron d’Inde et vigne rouge | Baisse modeste de l’œdème et des symptômes | Revues Cochrane et essais contrôlés, preuves limitées |
Aucune ligne n’indique « fait disparaître la varice ». C’est la limite commune à ces douze gestes.
Précautions, signes d’alerte et traitements qui ferment la veine
Un remède maison devient un problème quand il retarde une consultation utile ou s’ajoute, sans avis, à un traitement en cours.
Les plantes demandent quelques précautions. Pour le marron d’Inde, la monographie de l’Agence européenne des médicaments déconseille l’usage pendant la grossesse et l’allaitement faute de données, ainsi qu’avant 18 ans, et prévient qu’au moins 4 semaines peuvent être nécessaires avant un effet. La vigne rouge est réservée aux adultes, sur 12 semaines pour l’insuffisance veineuse chronique. La monographie du marron d’Inde ne signale pas d’interaction connue. Si vous prenez un anticoagulant, demandez tout de même l’avis de votre médecin ou de votre pharmacien avant d’ajouter un complément. Pendant la grossesse, le Manuel MSD rappelle que les varices apparues « disparaissent souvent en grande partie au cours des 2 ou 3 semaines suivant l’accouchement », ce qui invite à la patience avant tout traitement.
Certains signes justifient une consultation rapide, d’après Ameli et l’Agence européenne des médicaments :
- un cordon chaud, rouge et douloureux sur le trajet d’une veine, signe de paraphlébite ;
- une douleur intense ou un œdème soudain d’une ou des deux jambes ;
- une plaie ouverte, une peau qui s’inflamme ou durcit, ou un hématome sans raison apparente ;
- un saignement abondant : levez la jambe et appuyez fortement en attendant la prise en charge médicale.
Lorsque la gêne persiste malgré ces gestes, le bilan commence par un examen clinique debout puis couché, et par un écho-Doppler veineux qui, selon Ameli, « confirme le diagnostic » et « permet d’envisager le traitement adapté ». La sclérothérapie injecte un produit liquide ou en mousse au cabinet. Les traitements thermiques introduisent un cathéter dans la veine, sous anesthésie locale. La chirurgie par éveinage est devenue beaucoup moins fréquente. Le HIFU veineux de Sonovein®, sous marquage CE n° 2797, chauffe la paroi jusqu’à 90 °C au point focal depuis l’extérieur de la jambe, avec 96,8 % d’occlusion dans l’étude pivotale VEINRESET, un taux d’étude et non un pronostic individuel.
Marcher, surélever ses jambes, fuir la chaleur ou tester un extrait de marron d’Inde, tout cela peut rendre les soirées plus légères. Aucun de ces gestes ne répare pourtant une valvule défaillante. Si une varice vous gêne, un médecin vasculaire saura dire, après écho-Doppler, si ces soins suffisent ou s’il faut traiter la veine responsable.
Sources
- Assurance Maladie (ameli.fr), Varices des jambes : définition et facteurs prédisposants, mars 2026
- Assurance Maladie (ameli.fr), Varices des jambes : que faire pour se sentir mieux ?, mars 2026
- Assurance Maladie (ameli.fr), Varices : symptômes, bilan et évolution, mars 2026
- Assurance Maladie (ameli.fr), Traitement des varices des jambes, mars 2026
- Manuels MSD pour le grand public, Varices, révision janvier 2026





