2026, ces farmers qui ne cessent de faire parler d’eux : enquête sur le phénomène Jungle Grower

Depuis quelques mois, un nom revient dans toutes les colonnes spécialisées de la presse cannabis française. CBD Actus en a fait sa success story de l’année.

Newsweed leur consacre régulièrement des articles. Planposey les analyse comme un cas d’école. Carré de Terre parle d’eux comme d’une référence du chanvre biologique français.

À Roanne, dans la Loire, deux frères et une équipe de plus en plus étoffée transforment ce qui n’était au départ qu’un pari de passionnés en un véritable modèle agricole. En 2026, Jungle Grower n’est plus seulement un producteur de CBD : c’est un sujet d’actualité. Enquête sur ces farmers français qui, en quelques saisons, ont imposé leur signature au cœur de la filière.

De Roanne à toute l’Europe : la trajectoire qui interpelle la presse spé

L’aventure commence en 2019 autour d’une table. D’un côté Dorian Gotte, profil entrepreneur. De l’autre Maxence, son frère, passionné de cannabis depuis ses voyages et ses expériences à l’étranger. Au milieu, une rencontre décisive : un producteur, un alchimiste formé en Suisse et passé par les États-Unis, animé par l’envie de cultiver propre, en France, à grande échelle.

C’est cette alchimie humaine qui pose la première pierre. Sept ans plus tard, l’histoire est devenue celle d’une filière. Dans son interview à CBD Actus, Dorian Gotte parle d’une vision commune et d’une envie de bâtir quelque chose de solide. Newsweed, de son côté, voit en Jungle Grower un partenaire de confiance pour les détaillants et les distributeurs européens.

Planposey va plus loin et décrit un modèle verticalement intégré, où la culture, la transformation et la distribution sont contrôlées de bout en bout. Aujourd’hui, ce sont près de 3 000 clients professionnels en France et en Europe qui suivent les récoltes de la maison.

Un modèle agricole qui change les règles du chanvre français

Ce qui fascine la presse, c’est moins le volume que la cohérence du projet. Là où une grande partie du CBD vendu en France reste importé, Jungle Grower a fait le pari inverse : tout produire ou presque sur ses propres terres, en agriculture biologique, dans le strict respect du cahier des charges français et européen. La différence se voit dans les champs autant que sur le papier.

9 hectares, des serres, et jusqu’à 40 personnes en récolte

Le cœur du dispositif tient en un chiffre : 9 hectares cultivés en région Rhône-Alpes. À cette surface en plein champ s’ajoutent une vingtaine de tunnels Greenhouse, une Glasshouse de plusieurs milliers de mètres carrés et une unité Indoor dédiée aux génétiques exclusives. L’ensemble forme un écosystème de production rare en France à cette échelle, capable d’accueillir aussi bien des variétés outdoor robustes que des phénotypes premium issus de longues sélections.

Et ce qui frappe, c’est le souffle humain qui anime ce dispositif. En période de récolte, l’exploitation accueille jusqu’à 40 personnes mobilisées sur le terrain, depuis la coupe jusqu’au séchage. Le reste de l’année, une équipe permanente d’une dizaine de personnes maintient le rythme : entretien des cultures, suivi des plants, manucurage, tamisage, conditionnement, logistique.

Cette pyramide saisonnière, classique chez les maraîchers et les viticulteurs, est encore peu commune dans la filière chanvre où beaucoup de structures restent sous-dimensionnées.

Chez Jungle Grower, on l’assume comme une marque de fabrique : le chanvre est traité comme une vraie culture agricole, avec ses pics, ses temps forts et ses bras nécessaires.

Les hommes derrière le succès : Dorian, Maxence, Sofiane, et toute une équipe

Si la presse spécialisée s’attache autant au cas Jungle Grower, c’est aussi parce que l’histoire est portée par des visages, pas par un logo. Dorian Gotte, cofondateur, incarne la rigueur commerciale et la quête perpétuelle de l’excellence, comme l’a souligné CBD Actus dans son portrait.

Maxence Gotte, son frère, apporte la passion historique pour la plante, ses arômes, ses expressions terpéniques. Autour d’eux gravite ce que la maison appelle ses alchimistes : des cultivateurs aux profils techniques très pointus, qui parlent trichomes, curing et profils aromatiques avec la même précision qu’un œnologue parle d’un grand cru.

jungle grower

Une équipe internationale, ancrée dans le terrain

Le bureau commercial s’est lui aussi musclé. Aux côtés de Dorian, qui pilote la relation avec les comptes professionnels français, Watcharaporn anime depuis la Thaïlande le développement et le suivi des clients à l’international. Cette double présence, terrain et bureau, France et étranger, traduit la nouvelle ambition de la maison : rester un farmer dans l’ADN tout en parlant à un marché européen qui réclame de la disponibilité, de la réactivité et une langue commune. Chaque interlocuteur connaît le calendrier cultural, sait à quel stade en sont les serres, peut donner une date crédible de récolte.

C’est cette transparence sur le terrain qui fait la différence quand un revendeur cherche à sécuriser ses linéaires plusieurs mois à l’avance.

La filière des co-producteurs : transmission et bonnes pratiques

L’autre signal fort qui revient dans les articles consacrés à Jungle Grower concerne l’écosystème de co-producteurs structuré autour de la marque.

Au-delà des hectares en propre, plusieurs producteurs partenaires, tous certifiés et formés aux bonnes pratiques agricoles et aux méthodes 100% naturelles défendues par la maison, viennent compléter la production. Ce maillage n’a rien d’un sourcing opportuniste.

Il repose sur un vrai travail de transmission : visites de cultures, partage de protocoles, calibrage des séchages, alignement sur les standards Bio, accompagnement sur les analyses laboratoire. Chaque coproducteur entrant dans le réseau accepte une grille d’exigence sur la qualité, la traçabilité et le profil aromatique des fleurs.

Pour la filière française du chanvre, encore en construction, c’est un signal important : Jungle Grower ne se contente pas de cultiver, l’entreprise forme.

2026, l’année où les farmers français pèsent dans le débat

Le contexte rend cette dynamique encore plus visible. Fin 2025, le projet d’article 23 du PLF 2026, qui prévoyait une assimilation fiscale du CBD au tabac, a mis toute la filière en alerte. Newsweed et Planposey ont largement documenté la mobilisation, qui a débouché sur la suppression de l’article par les députés avant un nouveau passage au Sénat.

Sur le terrain, des producteurs comme Jungle Grower sont sortis du silence pour défendre un modèle agricole français, indépendant et transparent. Cette prise de parole publique a contribué à faire émerger les visages de la filière, et à montrer qu’il existe en France des farmers professionnels capables de produire à grande échelle, dans le respect des normes biologiques. C’est aussi pour cette raison que les médias spécialisés s’intéressent autant à la maison de Roanne.

Au-delà de la marque, c’est un cas d’école qui se joue : peut-on, en France, en 2026, structurer une filière chanvre compétitive face aux importations italiennes, espagnoles ou suisses ? La réponse passe par des exploitations comme celle de Dorian, Maxence et leur équipe, capables d’aligner surface agricole, savoir-faire humain, certification Bio, distribution professionnelle et présence dans toute l’Europe. La filière française commence à se structurer, et Jungle Grower est l’un des noms autour desquels cette structuration s’organise.

La presse l’a compris. Le marché aussi.

Auteur/autrice

  • Rédactrice spécialisée en alimentation et mode de vie. Curieuse et engagée, elle décrypte les habitudes qui nourrissent le corps autant que l’esprit, pour une vie plus saine et alignée.

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